dimanche 3 avril 2016

Le Grand n'importe quoi de J.M. Erre

Le Grand n'importe quoi est un roman de SF humoristique de J.M. Erre, une vision parodique à la Douglas Adams, quelque chose entre la légèreté et l'ironie. C'est Buchet-Chastel qui publie ce récit décalé, voire déjanté, qui se déroule le 7 juin 2042 à 20h42.

L'action se déroule le samedi 7 juin 2042, à 20h42. Durant cette minute qui n'en finit jamais, de nombreux personnages vont se croiser dans les rues d'un petit village de la campagne française après l'apparition d'une soucoupe volante et la tentative d'enlèvement d'un villageois par des extraterrestres. Parmi eux, on suivra notamment le destin de : Lucas, un réfugié monégasque qui n'aurait jamais dû se rendre avec sa future ex-fiancée à une soirée costumée pleine de culturistes ; Alex, un auteur de science-fiction en panne d'inspiration qui n'aurait jamais dû ouvrir sa porte à Marilyn Monroe ; le Grand Joël, auteur de L'Incroyable Révélation, un modeste essai qui apporte une réponse définitive aux plus grands mystères de l'univers ; Madeleine, maire du village et conceptrice d'une technique imparable pour échapper aux angoisses existentielles ; Bob et Douglas, les philosophes du bar local, qui commentent l'action avec l'ampleur lyrique d'un chœur antique (ou presque) ; et, en guest star, Alain Delon, dans un rôle inédit.

Je crois que j'ai décidé de lire Le Grand n'importe quoi dès le début de ma lecture du résumé : l'action se passait à 20h42, le 7 juin 2042. Vous savez comme moi que l'apparition du nombre 42 dans un livre de SF est rarement fortuite, et quand on arrive à plusieurs occurrences dans la même phrase, on comprend que le hasard n'a plus rien à y voir. Puis le narrateur s'appelle quand même Arthur.

Je ne connaissais pas l'auteur, Monsieur Erre, qui pratique la parodie depuis des années dans ses romans. On retrouve par exemple Le Mystère Sherlock (la référence est claire) ou La Fin du monde a du retard (rapport aux romans de Dan Brown, voyez le style théorie du complot). Sachez que Erre a déjà reçu un Prix littéraire de la part du Groland. 

"Longtemps je me suis téléporté de bonne heure."

J.M. Erre a l'art de la formule, et du dialogue qui percute. A la lecture j'avais envie de citer une phrase sur deux. Il utilise l'actualité et notre société pour nourrir son récit. On y retrouve pêle-mêle Alain Delon, Michel Houellebecq, des culturistes, la société des homonymes anonymes (dont le fameux Michaël-Jacques Saône) et une émission de télé-poubelle. On voit aussi qu'il a étudié (ou qu'il connait bien) son sujet : la SF (et la pop-culture aussi). Un dialogue lu dans les premières pages, sur les a priori sur la SF, a d'ailleurs achevé de me convaincre, je vous le mets là :


Quant à l'histoire, tout de même, elle est rythmée, basée sur une boucle temporelle et des rebondissements improbables, des quiproquos et beaucoup de sport pour le pauvre narrateur, avec cette question en suspens : mais où est son satané Bi-dule 7.0 ? Pour info, notre futur sera dominé par les Malgaches éleveurs de lémuriens.

"L'incontournable iPoil de chez MadagApple, pour recevoir vos appels, trier vos mails,
visionner vos films et jouer à Boustifaille Crush tout en vous épilant !"

La fin, si elle ne surprendra pas les amateurs de SF, est sympathique au regard de la réflexion sur le travail de l'écrivain. Et puis ça se passe à Gourdiflot-le-Bombé, quand même (oui).

Pour résumer, Le Grand n'importe quoi de J.M. Erre est un roman de SF humoristique déjanté publié chez Buchet-Chastel. Hommage à Douglas Adams ou encore Fredric Brown, reprenant les codes de la SF absurde et lorgnant vers La Soupe aux Choux, ce récit est jouissif. L'auteur a l'art de la formule, du dialogue qui percute et se fait plaisir. Son récit est vraiment drôle et bourré de références. Pour un moment de lecture léger et plein d'ironie, c'est le livre qu'il vous faut !

Le Grand n'importe quoi
de J.M. Erre
Buchet-Chastel - Février 2016
304 pages
Papier : 19€ / Numérique : 13,99€
 

6 commentaires:

  1. Ca a l'air fort rigolo en effet.

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  2. Lol !
    (Commentaire constructif...)

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  3. je vais le lire aussi. Je me suis bien amusée à lire "la fin du monde à du retard". Je récidive avec plaisir

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