jeudi 1 septembre 2016

♥ Station Eleven d'Emily St John Mandel

"Parce que survivre ne suffit pas." Star Trek Voyager

Station Eleven d'Emily St John Mandel est un des romans de la rentrée littéraire, publié chez Rivages. C'est un puzzle mélangeant post-apo/apo et récit de vie d'un acteur qui étrangement fonctionne plus que bien ! On pense notamment à L’Échange d'Alan Brennert, pour ceux qui l'ont lu, et c'est une très bonne référence.

La civilisation s'est effondrée suite à une pandémie. Une troupe itinérante propose du Shakespeare aux survivants, symbolisant l'espoir et l'humanité. L'existence de plusieurs personnages est liée à celle d'un acteur connu décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, se révèle un fil conducteur entre eux.

J'ai eu un coup de cœur pour ce roman dévoré rapidement ! 

Tout commence avec le décès d'un acteur, Arthur, sur scène. Dans le public, Jeevan, un secouriste, tente de le sauver, en vain. Puis vient la fin du monde... L'auteure a décidé d'alterner les personnages et les époques, après ce prologue, nous découvrons donc la Symphonie Itinérante.

Vingt ans après le cataclysme, l'épidémie a tué 99% des gens. Le groupe de la Symphonie est composé d'un orchestre et d'acteurs qui proposent leurs spectacles dans les petits villages qu'ont fondé les survivants. Dans cette troupe, Kirsten, une jeune femme, se rappelle avoir vu Arthur s'effondrer sur scène il y a vingt ans, car elle jouait elle-aussi dans la pièce, Le Roi Lear de Shakespeare. Arthur était son ami et lui avait offert un roman graphique numéroté : Station Eleven, qui l'accompagne encore aujourd'hui. Elle se rappelle aussi d'un homme qui avait essayé de sauver l'acteur et l'avait ensuite consolée... Un mystérieux prophète va croiser sa route.

Station Eleven est un puzzle. Un puzzle d'époques et surtout de personnages, dont les pièces vont peu à peu se mettre en place sous les yeux du lecteur. On pourrait penser qu'il est étrange de lier un récit post-apocalyptique avec l'histoire de la vie, notamment amoureuse, d'un acteur célèbre (J'ai carrément pensé à L’Échange de Brennert). Au début, on se demande où veut en venir l'auteure, mais très vite on est happé par ce récit addictif. Le lecteur grappille des indices, des détails dans les chapitres, et voit se jouer les destins de chacun. La construction du roman est intelligente et vraiment bien pensée.

Alors attention, très clairement, Emily St John Mandel ne révolutionne pas le post-apo. On sent qu'elle a des bases solides en SF, elle cite d'ailleurs Star Trek ou encore Le Passage de Justin Cronin (incontournables !) Elle décrit quelques moments apocalyptiques et post-apocalyptiques de toute beauté bien que classiques dans le genre, mais aussi des liens familiaux ou amicaux forts (comme Jeevan et son frère, ou Kirsten et sa troupe). C'est le mélange des genres qui fait la force de Station Eleven.

L'humanité et la recherche d'un mode de vie meilleur caractérisent ce récit. Après la fin du monde tel que nous le connaissons, il est intéressant de voir certains personnages se raccrocher au théâtre (surtout Shakespeare ici), à la lecture, à la presse, au dessin, aux musées, à la musique... C'est une belle réflexion sur l'importance de la culture dans une société, ainsi que de la transmission de la mémoire.

Pour les curieux et ceux qui sont déjà fans, Emily St John Mandel sera à la librairie Charybde le 13 septembre pour une rencontre avec les lecteurs. Si vous pouvez y aller, n'hésitez pas !

Pour résumer, Station Eleven d'Emily St John Mandel est un roman post-apo mais pas que publié chez Rivages pour la rentrée littéraire. On pourrait penser qu'il est étrange de lier post-apocalypse et l'histoire de la vie d'un acteur célèbre mais très vite on est happé par ce récit addictif, un puzzle qui fonctionne. Le lecteur grappille des indices dans les chapitres, et voit se jouer les destins de chacun. J'ai eu un coup de cœur pour ce livre très humain et bien pensé, dévoré en peu de temps !
Ils l'ont lu : Lorhkan, Gromovar, Acr0, Sandrine

D'autres couvertures en VO :

 

Station Eleven
d'Emily St John Mandel
Rivages - Août 2016
477 pages
Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé
Papier : 22€ / Numérique : 14,99€
Titre original : Station Eleven - 2013

11 commentaires:

  1. Il me semble bien que je suis la seule à m'être ennuyée pendant cette lecture. Les pages sont devenues de plus en plus lourdes au fur et à mesure de mon désintérêt pour l'histoire, les personnages, le thème... Je partais enthousiaste pourtant...

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    1. Je crois que Gromovar n'a pas tellement apprécié non plus. J'ai vraiment été prise par les histoires, alors qu'au début j'étais un peu dubitative. As-tu lu L'Échange ? Pour ma part j'ai l'impression que ce genre de récit me plait de plus en plus !

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  2. Ravie qu'il t'ait plu :) J'ai moi aussi beaucoup aimé ce récit à la croisée de plusieurs genres. C'est la dimension humaine qui a su me parler.

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    1. Comme toi ! D'ailleurs je t'ai oubliée, j'y ai pensé tout à l'heure, je t'ajouterai demain !

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  3. Je crois qu'il va passer par la case emprunts celui-là la semaine prochaine !

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  4. J'ai apprécié pour tous les points que tu soulignes.
    Mais je dois reconnaître que aussi plaisante qu'eut été ma lecture je pense que je l'oublirais vite.

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    1. J'ai vraiment apprécié ! On verra dans quelques temps si ça me reste !

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